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  1. Les Serbes de Bosnie s'interrogent sur leur indépendance (3/7)

Les Serbes de Bosnie s'interrogent sur leur indépendance (3/7)

Résumé : En partenariat avec le CUEJ - 15 ans après la fin de la guerre, la Republika srpska, dirigée par Milorad Dodik, doit-elle devenir indépendante ? Dans les villes, la réponse est plutôt "oui". A l'inverse, dans les campagnes, premières victimes de la crise, les paysans sont contre.

Dossier : Bosnie-Herzégovine : les divisions en héritage

exergue Les Serbes de Bosnie s'interrogent sur leur indépendance

15 ans après la fin de la guerre, Banja Luka, la capitale de la Republika srpska, se veut une ville moderne et très dynamique sur le plan économique, à l'opposé de Sarajavo, son homologue de la Fédération bosno-croate. Son Premier ministre, Milorad Dodik, aux tendances nationalistes, y contrôle tout. A la campagne, loin de ces idées d'indépendance, les agriculteurs pensent surtout à survivre.

A Banja Luka et Bosanski-Petrovac, reportages de Eléonore Autissier, Guillaume Le Goff, Anabelle Steffes et Christelle VogelTravaux réalisés en collaboration avec la faculté de sciences politiques de l'Université de Sarajevo l'Université de Banka Luka.

Dodik, l'homme fort des Serbes

Dans la tour ultra-moderne du gouvernement qui surplombe Banja Luka, capitale de la Republika srpska, le Premier ministre Milorad Dodik reçoit ses visiteurs comme un chef d'Etat. Officiellement, la RS n'est que l'une des deux entités constitutives de la Bosnie-Herzégovine. Mais s'il y a une personnalité qui rayonne sur la scène internationale, c'est bien Dodik, l'homme le plus puissant et le plus influent de tout le pays. Celui qui contrôle tout chez lui. La politique. L'économie. Les médias. Pour la première fois, la Bosnie est dotée d'une personnalité forte.

Et ce n'est pas un hasard si elle a émergé en RS et pas en Fédération. La première est aussi unitaire que la seconde est décentralisée. Le pouvoir s'y concentre dans une figure charismatique, personnification de l'entité, à laquelle les gens s'identifient fortement. Situation inenvisageable en Fédération, fragmentée en dix cantons aux compétences élargies. Avec l'arrivée de Dodik, d'abord placé au pouvoir par la communauté internationale après la guerre, la RS est devenue un Etat dans l'Etat.

Quand le Premier ministre menace d'appeler à un référendum sur la sécession , les Serbes de Bosnie applaudissent. Le chantage, chacun le sait, est rodomontade. Mais il  s'inscrit dans le leitmotiv de l'homme fort du pays : protéger la population serbe d'un mariage forcé avec l'autre entité.

                                                                                                      Fanny Holveck


Demain, retrouvez le reportage "Le pont de Mostar reconstruit à l'identique, sauf que..."

Bosnie, 15 ans après

Le 11 juillet 1995, Srebrenica, où se trouvaient 8.000 Bosniaques musulmans, tombait aux mains des Serbes sous les yeux des soldats de l'Onu, impuissants à empêcher le nettoyage ethnique. Quelques mois plus tard, le 21 novembre, les accords de Dayton mettaient fin à la guerre en coupant la Bosnie en deux entités : la Republika srpska, à majorité serbe, et la Fédération de Bosnie-Herzégovine, pour les communautés bosniaques et croates.

Quinze ans après et alors que les élections générales (législatives et régionales) du 3 octobre prochain s'annoncent décisives pour l'avenir, les étudiants du CUEJ, l'école de journalisme de l'Université de Strasbourg, sont allés dans le pays pour en prendre le pouls et voir comment les habitants tentent d'oublier le conflit, tant bien que mal. Avec TF1 News, découvrez tout au long de cette semaine leurs reportages.

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