Résumé : Dans un spectacle exceptionnel, le TOP de Boulogne Billancourt programme une trilogie qui se compose du "Barbier de Séville", du "Mariage de Figaro" et de "La mère coupable" de Beaumarchais.
Voici une proposition originale pour les amateurs de planches et les spécialistes du théâtre classique. Bien assis dans son fauteuil du TOP de Boulogne-Billancourt, on parcourt sans fatigue un texte condensé qui met en perspective l'œuvre de Beaumarchais. Dans une version inédite depuis 1800, on retrouve, en un seul spectacle, la famille Almaviva et Figaro dans Le barbier de Séville, Le mariage de Figaro, et La mère coupable, trois heures durant.
Grâce à cette trilogie, le spectateur suit le jeune amoureux éperdu et sa dulcinée, le mari frivole ensuite et le vieux couple qui se déchire autour d'une lettre, preuve tardive d'une infidélité passée. Voilà résumée la trame des trois œuvres de Beaumarchais qui offrent une vision réaliste de la vie, douce et aigre à la fois. En une soirée, les pièces, raccourcies, se succèdent dans un rythme bondissant, escortées par Figaro, gardien du bon sens et de l'amitié. Les années passent, les sentiments s'émoussent, l'élan vital se contracte, les personnages se recroquevillent.
Sophie Lecarpentier a réalisé une mise en scène enlevée. Les deux premières comédies nous acheminent fermement vers le drame final comme Beaumarchais l'avait imaginé en son temps : le reflet des vicissitudes de la vie et des ses défis amoureux ou politiques, sans concession. On passe de la légèreté au rire, des serments au vaudeville, et des larmes au déchirement. Reste parfois l'amour, le vrai, qui se fraie une route malgré l'amertume des années.
Beaumarchais dépoussiéré
Une performance pour les acteurs qui portent les différents visages, d'adolescent fougueux, d'adulte calculateur ou de vieillard usé. Comment un Lindor peut-il devenir ce comte revenu de tout ? Pourquoi une Rosine se grise et se fane jusque dans son cœur ? Comment un Figaro peut-il garder ce recul sympathique et finalement très objectif face aux défauts des hommes ?
Ce parcours, presque exhaustif, est rare au théâtre. La musique de Bertrand Belin et les chansons écrites par Beaumarchais en son temps, éclairent d'une jolie lumière les intrigues ; l'ensemble ressemble finalement à un roman, plus qu'à une farce ou une tragédie. Une large place est laissée aux deux comédies et aux rebondissements sympathiques que Figaro organise, joyeux et effronté. Les décors sont légers et s'organisent finement autour de l'histoire, avec une petite note de bois frais, quasi écologique. Beaumarchais est dépoussiéré sans être trahi, à voir.
Trois folles journées ou la triologie Beaumarchais
TOP de Boulogne, place Bernard-Palissy à Boulogne-Billancourt
Jusqu'au 26 janvier. Du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h.
Tarif 25 et 20 euros.
Tél. 01 46 03 60 44
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