myTF1.fr
  1. Prothèses PIP : "Tout était organisé pour échapper aux contrôles"

Prothèses PIP : "Tout était organisé pour échapper aux contrôles"

  • Extraits
  • Durée : 1 min 22
  • Date : 5 janvier 2012
  • Auteur : Gwénaëlle BELLEC

Résumé : Au coeur de l'affaire des prothèses défectueuses, Jean-Claude Mas, le fondateur de la société PIP. Un homme "cynique", comme le montrent ses déclarations aux enquêteurs, qu'une journaliste de TF1 a pu consulter.

Dossier : Prothèses mammaires PIP

D'après ses déclarations sur procès-verbal dont TF1 a pu prendre connaissance,  Jean Claude Mas, le fondateur de l'entreprise Poly Implant Prothèse, reconnaît lors de sa garde à vue en novembre 2010, avoir sciemment produit des prothèses mammaires avec un gel de sa propre fabrication, non homologué, au nom du rapport qualité prix.

 

"Il parlait de son gel comme de son enfant et répétait que je ne comprenais rien", témoignera, lors de l'enquête, un des cadres, dressant le portrait d'un patron refusant systématiquement d'évoquer un problème avec son gel.  "Cette formule est parfaite, affirmera d'ailleurs Jean-Claude Mas aux enquêteurs. Elle est meilleure que celle utilisée pour fabriquer le gel homologué".

 

Plus incroyable, un autre salarié assure aux enquêteurs qu'il n'existe "aucune procédure écrite en production pour la fabrication du gel PIP". "Ce n'est, dit il, que de l'oral auprès des salariés chargés de fabriquer ce gel. C'était une espèce de formule maison avec des produits à usage industriel".

 

Toujours lors de ces auditions, Jean-Claude Mas reconnaît que "tout était organisé pour échapper aux contrôles" de l'organisme de certification. "Par habitude, depuis 1997, nous cachions les produits permettant de fabriquer le gel PIP. Je n'avais pas le droit d'acheter ces produits car ils n'étaient pas homologués." "L'infraction était évidente pour beaucoup de personnel", témoigne un ancien cadre. "Mais je ne pense pas que le personnel ait eu notion d'un risque sanitaire", nuance-t-il.

 

Cynique, quand on lui parle des patientes, le fondateur de PIP estime que devoir être explanté, "ce n'est pas grave". Et lorsque les enquêteurs lui demandent ce qu'il pense des plaintes des victimes, il répond :  "Il s'agit de personnes fragiles ou de personnes qui font ça pour le fric".

 

Un premier procès pour tromperie aggravée doit se tenir en octobre prochain sur deux ou trois semaines pour tromperie aggravée. La crainte des enquêteurs français, c'est de voir Jean Claude Mas partir à l'étranger si un mandat d'arrêt européen devait être émis. Et qu'il ne puisse pas répondre de ses actes sur notre territoire. Dans un communiqué publié jeudi, l'entrepreneur nie être ne fuite et dénonce un "nombre impressionnant de contre-vérités".


Vos RÉACTIONS


Revoir un JT

Choisissez la date dans cette liste :

logAudience